Mercredi 11 juillet, retour en France au port de Barneville Carteret. Seule étape de spi que nous bouclons 6ème après une bagarre de tous les instants et une concentration maximale. La remontée du chenal de Carteret est comme à l'habitude très chaleureuse avec sa file de curieux venus accueillir les bateaux du Tour. Repas avec orchestre et la présence de quelques collègues venus partager avec les jeunes ce moment festif et convivial. Jeudi 12 juillet, nous traçons vers Jersey sous un ciel gris et le retour du vent. Nous prenons un excellent départ, d'autant que deux de nos concurrents directs vont à la faute, ce qui va constituer un avantage décisif pour la suite de l'étape et du Tour. L'arrivée dans la baie de Saint Aubain et Saint Hélier est splendide avec un soleil retrouvé et des couleurs éclatantes. Eclat renforcé par notre seconde place sur la ligne d'arrivée, en temps réel et en temps compensé… autant dire vice-premier ! Cette bonne performance nous place 3ème au classement général, à seulement 1 point de la deuxième place, la journée du lendemain sera déterminante pour les places d'honneur ! Pour l'heure, place au tourisme et à la gastronomie britannique !
Vendredi 13 juillet, aïe aïe aïe… vendredi 13… les marins sont superstitieux… Toujours est-il que c'est la dernière étape Jersey - Granville, avec un vent modéré à faible. " Géronimo " prend un départ canon, devançant tous ses adversaires, mais l'équipage est tendu par un vrai faux enjeu… les erreurs d'enchaînent… le vent mollit… et la tension monte à bord. Une surprise nous attend à l'approche d Roc de Granville avec la visite de notre assistance à terre venue à notre rencontre à bord d'une vedette. C'est l'occasion de quelques photos en course, et le témoignage d'une attention qui nous réconforte. Nous nous classons 9ème de cette étape, plus mauvais résultat de l'épreuve, enregistré sur un parcours que nous connaissons pourtant parfaitement… vendredi 13… ! La victoire d'étape, jugée à notre portée la veille dans l'euphorie de la réussite, est bien loin… petite leçon d'humilité maritime ! Malgré cette contre-performance, nous conservons notre 3ème place au classement général de notre groupe dans le Tour des ports de la Manche 2007. Et, protocole oblige, nous montons sur le podium à l'annonce des résultats : " 3ème " Géronimo " de M. François Cléris… applaudissements, félicitations, récompenses, photos et… reconnaissance ! Petit moment de bonheur également avec la visite surprise de Jennifer, notre barreuse de l'an passé, venue nous saluer tout spécialement pour l'occasion ! " Géronimo " peut maintenant savourer sa réussite et célébrer ce succès autour d'un dernier repas sur le port de plaisance de Granville, en compagnie du propriétaire du bateau, chaleureusement remercié par l'équipage. La suite est machinale, rangement des équipements et du bateau, préparation des sacs personnels et raccompagnement des jeunes chez eux ou en famille d'accueil. C'est l'heure des promesses et des rendez-vous : en septembre pour de nouveaux embarquements plein de vent et de sel !
Texte Les Voiles EcarlatesExtraits du journal de bord de Géronimo Le jeudi 5 après-midi est réservé à l'avitaillement du bateau, au rangement des équipements de bord, répartition des affaires personnelles dans les équipées avant de larguer les amarres dans la soirée. Un bulletin météo spécial - BMS - annonçant un coup de vent en début de nuit nous oblige à attendre au port et la nuit se passe à Granville en espérant des conditions plus favorables. Accalmie au petit matin et nous franchissons les portes du bassin du Hérel pour la grande boucle : cap sur Cherbourg ! Ce vendredi, les conditions météo restent dures mais maniables et nous atteignons rapidement le trop fameux Raz Blanchard. Trop vite, car les courants violents dans ce secteur barrent la route quelques heures, vagues impressionnantes et surfs vertigineux, avant enfin de renverser et de nous laisser filer sur Cherbourg. On entre par la passe de l'Ouest de la Grande rade de Cherbourg en début de nuit, fin de la première manche. Le samedi 7 juillet, c'est mieux. Ciel bleu et vent faible nous permettent un dernier réglage en rade de Cherbourg et particulièrement l'essai de notre nouveau spi rouge, tout neuf, sortant de chez le maître voilier et acheté tout spécialement pour le Tour. Premier envoi et premier coup de sang ! La manœuvre est mal exécutée et le spi se déchire sur 30 cm. Retour au port, direction la voilerie pour une réparation expresse… et nous repartons pour rallier Saint Vaast La Hougue. Nouvel envoi de spi cette fois réussie sans accroc… avec une concentration maximum. Nous rejoignons le port de Saint Vaast, après avoir contourné la toujours troublante Ile de Tatihou, et amarrons le bateau à quai en fin d'après-midi. Fin du convoyage. L'équipage se repose, se sustente, et profite d'un soleil généreux sur le Val de Saire. Dernières formalités d'inscription, installation des pavillons de course et de notre cagnard, voilà nous sommes identifiés et prêts pour la course : nom " Géronimo ", n° de cagnard pour la course : 73, n° de voile : FRA 19640. Repas convivial face à Tatihou, " … mais que la Manche est belle sous le soleil ! ". Quelques rumeurs circulent pour le départ du lendemain, blocage du port, annulation de l'étape, manifestations des pêcheurs, … difficile à croire ! Et pourtant, dimanche 8 juillet, rien ne bouge ! Le port est bloqué, l'étape suspendue… puis reportée. Temps mort toujours propice aux divagations : rencontre avec un groupe de jeunes filles en vacances, rendez-vous secrets, conspirations en tous genres… et à l'heure de se coucher, 2 présents sur 5 ! Retour des " fugueurs " à 3 heures du matin avec pour toute explication cette outrance : " Excusez-nous pour le retard ! ". Sur le moment, ça coince dur et l'engueulade est copieuse mais, à bien y réfléchir, avec le recul comme on dit, cette phrase n'est-elle pas magnifique ? Lundi 9 juillet, on part c'est sûr, mais pas en course, seulement en convoyage pour rejoindre Cherbourg. L'étape Saint Vaast - Cherbourg est annulée, compromis du Comité de course pour débloquer la situation. Le grand port de Cherbourg nous accueille donc à la mi-journée et c'est l'occasion de compléter l'avitaillement de bord, parfaire la préparation du bateau, fignoler la carène,… Les nouvelles pour le lendemain sont mauvaises car l'annonce d'un fort coup de vent fait peser sur l'étape suivante le risque d'une nouvelle annulation. De fait, mardi 10 juillet, l'étape Cherbourg - Dièlette ne sera pas courue. Second temps mort au port Chantereyne de Cherbourg, cette fois sans incident ni difficultés. Seulement l'attente des événements… Le mauvais temps recule, mais lentement, trop lentement ; alors annulation, pas annulation, … finalement le Comité de course décide de donner le départ en milieu d'après-midi pour une étape Cherbourg - Guernesey, avec arrivée au port de Saint Peter. L'étape est belle, avec la remontée du cap de La Hague, l'Ile d'Aurigny, l'Ile de Sark,… belle mais fatigante avec une mer encore grosse et une allure très physique. L'arrivée de nuit sur les côtes de Guernesey nous prend à peu à l'improviste, ce qui nous fait perdre un peu de temps ; le temps nécessaire pour bien identifier les multiples lumières présentes dans le chenal séparant Guernesey et l'Ile d'Herm. Cette perte de temps nous coûte 2 places et nous coupons la ligne d'arrivée en 7ème position, à déjà minuit passé. Il faut maintenant ranger le bateau, se changer, débarquer avec le taxi boat et trouver de quoi manger : même avec le décalage horaire d'une heure, il n'y a là encore pas de temps à perdre !